Ma mère, après la
mort de mon père, pouvait à peine nous donner à manger, mon frère ainé et moi.
Faute de moyens financiers, elle nous avait envoyé au Cap-Haitien, chez nos
oncles et tantes.
J’ai connu des
difficultés énormes. À une époque, je pouvais aller à l’école sans pouvoir me
rendre à l’église : Les chaussures appartenaient à un de mes cousins, qui
s’en servait, lui, pour aller à l’église. Je me suis battu pour vivre avec
l’aide inconditionnelle de mes oncles et tantes, qui devaient, eux aussi, s’assurer
de l’éducation de leurs enfants. Un de mes oncles avait une camionnette. J’en étais
le chauffeur certaines fois, question de donner ma participation. Presque tous
les dimanches, je faisais le trajet Cap-Haitien/Limbé.
Arrivé en terminale,
je n’ai pas pu passer plus de trois mois en salle de classe. On m’avait chassé
de l’école parce que je ne pouvais pas payer les frais scolaires. Et comme je
devais subir les examens d’état, je continuais à étudier chez moi. J’avais
obtenu l’aide de Cyrus Sibert pour obtenir ma fiche. Il était allé parler au
directeur de l’école. Et j’avais pu m’en sortir. Mais, ce n’était qu’en
décembre 2016 que j’ai pu, pour la première fois, connaitre le nombre de points
obtenus, alors que j’avais bouclé les études secondaires en 2004. Et c’est au
cours de cette même année que j’étais revenu à Port-au-Prince.
Après
la pluie, ce n’est pas toujours le beau temps
Ma mère était encore
vivante. Après mon échec au concours d’admission à la faculté des sciences
Humaines, je me suis inscrit à l’Institut de Communication et Journalisme Excel,
que dirigeait Valéry Numa. J’ai dû vendre un Téléphone portable de marque
Motorala, modèle V3 Razor, pour payer la dernière session de mes études en
journalisme. J’avais reçu un don de deux cents dollars américains de la part d’une
tante pour pouvoir étudier. Mais, avant les cours à Excel, j’avais étudié l’art
oratoire à l’Institut François d’Haïti, ensuite la langue française. Je suis
détenteur d’un Diplôme d’Etude en langue Française, DELF. Et je n’ai pas pu
décrocher mon Diplôme Approfondi de la langue Française, DALF, à cause du séisme
du 12 Janvier 2010.
Ma
carrière
J’ai reçu mon diplôme
en journalisme en 2006. Mon premier salaire était de cinq cents gourdes. Au
cours de cette même année, je travaillais à la Radio Paradis au Cap-Haitien. Ensuite,
j’ai été reporter à Magik 9 en 2008, et mon salaire était de 3500 gourdes. J’ai
laissé Magik 9 parce qu’on voulait que je travaille le samedi.
Valéry Numa m’avait permis
d’intégrer RFM. C’est au sein de cette station que j’ai connu les jours les plus
sombres de ma carrière. Je dormais à même le sol à la Radio pour présenter le
journal du matin, sans être payé. Quand j’ai demandé un lit à Rotchild François
Junior, le PDG, il m’avait répondu en ces termes « Fanel menn, lè m te nan
Radio Métropole, se sou depèch m te konn dòmi wi ». Et depuis, j’ai arrêté
de présenter le journal. Je suis parti de RFM en 2010, en percevant un salaire
de 7500 gourdes, après le tremblement de terre.
Je ne pouvais compter
que sur ma mère pour me donner les frais de transport, alors que je travaillais.
Mais, elle était déjà morte. J’étais donc le seul membre de ma famille qui
vivait à Port-au-Prince. J’ai été soutenu par mon grand frère, Darlain Delva,
qui vit à Turks And Caïcos Islands. Et il me soutient encore aujourd’hui. En
passant j’ai quatre boss : Dieu, ma femme, mon frère et Patrick
Moussignac.
De RFM, en passant
par « Enfòmasyon Nou dwe Konnen », ENDK, Signal FM pour finalement me
réfugier à Caraïbes FM, ça n’a pas été facile. Après mon départ de RFM,
Rotchild François Junior exigeait ma révocation, arguant que j’étais encore son
employé. Heureusement Karl Foster Candio, qui dirigeait ENDK, n’avait pas cédé
aux pressions.
D’auditeur
à rédacteur du 19-20
J’étais un fidèle
auditeur du 19-20, il y a dix ans. C’est l’unique journal Français de la Radio
Caraïbes. Je ratais rarement cette Edition de nouvelles. Etant adventiste du
septième jour, je ne l’écoutais pas les vendredis.
Entre 7h et 8h du
soir, je m’accrochais à mon récepteur de radio. Je prenais un plaisir fou à
écouter Israël Jacky Cantave et Pierre Renel René présenter les informations. Et
le temps passait. Venait ensuite le duo Israël Jacky Cantave et Anne-Merline
Eugène. Au début, Anne ne m’avait pas convaincu. Mais, aujourd’hui, elle est ma
préférée.
J’ai intégré le staff
en 2012, grâce à l’intervention de Michel Joseph auprès du patron. En réalité,
j’ai été accepté sur concours. Mais j’avais laissé la station de la rue Chavannes
pour aller à Signal. À caraïbes, j’ai débuté comme reporter. Je produisais
presque tous les jours. J’avais osé dire tout haut ce que d’autres confrères
disaient tout bas.
Je suis senti et je
me sens bien à Caraïbes. Après le transfert de Jean Ernst Pierre à la Radio Espace
FM, j’ai commencé à aider dans la préparation du 19-20. Anne-Merline, amoureuse
de ma plume, me motivait davantage. J’étais devenu Reporter et rédacteur. Aujourd’hui,
il y a le trio Anne-Merline Eugene, Davidson Saint Fort et Michel Joseph,
mais l’aventure continue.
Refuser
la corruption
Pendant toute ma
carrière, j’ai même refusé de recevoir de Per Diem (ce qui n’est pas de la
corruption) de la part des institutions tant privées que publiques. La seule
fois où j’ai reçu un Per Diem, c’était au cours d’une formation que j’ai suivie
avec la Voix de l’Amérique aux Etats-Unis. J’ai également refusé des offres.
Par exemple, Charles Jean Jacques, ancien ministre des affaires sociales sous
l’administration Martelly, m’avait invité à le rejoindre. Je l’avais embarrassé
avec une question, alors qu’il défendait les réalisations de Sweek-Micky. C’est
à ce moment qu’il m’avait confié qu’il était ami avec une cinquantaine de
journalistes. Autrement dit, il avait le contrôle de cinquante de mes
confrères. Hélas ! J’ai refusé de travailler à la primature au projet
« Konnen Sa Gouvènman an ap fè ». À cette époque, Laurent Lamothe se la
coulait douce avec l’argent du Petrocaribe. Kettia Marcellus, mon amie, peut en
témoigner.
Aujourd’hui, je fais
partie des rares journalistes à pouvoir critiquer qui nous voulons, quand il
agit mal, peu importe le secteur auquel il appartient. Jeunes de ma génération,
de grâce, souvenez-vous que la dignité n’a pas de prix. On dit souvent que tout
homme est achetable, mais battez-vous pour être l’exception à cette règle.
Felicitation Mr Delva!!
RépondreSupprimerHeureux combats!!
Tchenbe rèd pa moli.
RépondreSupprimerMon cher Fanel,mwen se yon jèn etidyan finisan CFEF de Port-au-prince...Ecole Normale ki matisan an....Map swiv ou lontan...men atik ou a fè dlo soti nan jèn e sa fèm konprann tou pagen kote ou soti ou paka rive kote ou vle a.La vi a pa fasil,anpil nèg ap chachr pen kotidyen yo..Men kenbe la,kontinye nan liy ou ye...yon jou lap jou.
RépondreSupprimerBon kouraj.
Waww. Kenbe fem frem. Bravo.
RépondreSupprimerJ'aime la dernière phrase de ta conclusion.
RépondreSupprimerFanel frèm, ou gen istwa a rakonte, eben frèm mw ak ou nou pa gen twòp diferans non de pase kou.
RépondreSupprimerKalite sa yo rare. Nou pa achtab.
Tet nou pa gen poul bese devan peson paske nou pedi tan nan pase nou poun la jodia.
E tou nou pagen poun rete dan kale devan okenn swadizan boss, savedi nou pap rete dan grayen, ap souri davan neg poutan nan plas souri a son repons ki ta dwe bay.
Mw pap dekouraje. Mwen se neg ki te rive ap travay mason, vann kokiyòy nan lekol mw, danse nn lekol la epi kob ap ranmase pou mw jis poum te kouvri kek frè ladan kob lekol mw. Lèm prale e lem ap tounen mw te sel ekolye kite alafwa ajan maketing kap vann kokiyol ak dous kokoye chanmchanm nan bus bon repo yo.
Lekol la ak bo lakay mw blancha kotem te rete yo te relem (bare bouda) paskem te konn vann kilot plase pou 8jou.
Good
RépondreSupprimerGood
RépondreSupprimerWawwwwwwwwwww ou nan plas ou ye an sepa kado men se paske ou te gounen pou saw kwe. Nan plas ou yè ou kapab gade tout moun nan jé. Félicitations bro
RépondreSupprimerTenez ferme Delva, l'histoire dira le reste.
RépondreSupprimerFanel anpil respè pou kouraj ou,mw te konn tande pale de wou, men ak istwaw sa mw vin konvenki...mèsi pou konsèy positif sa yo.
RépondreSupprimerMw pa yon journaliste menm renmen tande kèk vrè journaliste. Mens se yon metteur en ondes ki poko gen anplwa.... men ak konsèy positif w bay nan istwaw la m'kwè map rive nan objectif mw....
bon courage et surtout une bonne persévérance mon Grand
GUERRIER GETSON sonorisateur et metteur en ondes....
Très touchant !!!
RépondreSupprimerBèl kout plim! Tout mo ki makonnen pou fè fraz sa yo, nenpòt moun k ap li atik ta dwe poze tèt yon kesyon, eske kote m sòti a dwe suiv mwen non? Non! M ap li atik la dlo sòti pou l plòtonnen nan fon kè m. Pa gen anpil ou menm nan peyi Pifò Jenn yo fin kite peyi a, sa k rete a nou dwe fè l konnen l gen anpil enpòtans. Kouraj Fanel Delva! Bon konba! Plim dwe fè kè Desalin bat . Tchebe rèd!
RépondreSupprimerBon konba, ou se yon egzanp pou anpil jèn ki panse depi yo antre yon kote gen lajan kap distribiye etik pa enterese yo. Bravo !!!
RépondreSupprimerbon combat ami.pht
RépondreSupprimerFelisitasyon antanke jènn gason ou banm plis
RépondreSupprimerrezon poum kontinye goumen pou rèv Mwen ke bondye kontinye beniw
Trop fière de toi mon cher frère…
RépondreSupprimerFélicitations pour ton courage et ta détermination. Tu peux encore briller!!!
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