Trompette d'artisans, tambours en plastique
Musique enflammée, et la foule s'émeut
Truffée d'enfants nus des contrées oubliées
Enfants maigres, enfants affamés qui s'agitent.
Leur gai refrain rythme l'espoir
Et leur cri d'insouciance soulage leurs maux.
Leurs cœurs s'unissent, et les voix
Insoucieuses de leur sort, s'amalgament.
Etrange volupté, au passage d'une bande...
Négresses de la plèbe, garçons de rues
Sursautent tour à tour, s'envolent en éclat.
Euphorie spontanée, spectacle improvisé.
Caravane agitée, pleine d'ivrognes
Qui attise les badauds, attirés de la danse populaire,
Des mouvements de hanche, des seins exhibés
Et des jambes qui agacent.
Au ton du tam tam, un bruit sourd s'harmonise.
De loin, je tente de m'y laisser aller.
Bande de raras, plaisir de gens sans recours
Déferlés sur des sentiers de poussières
Les habits en haillons, les pieds nus, le ventre vide.
Cortège d'enfants perdus que je contemple attristé
Bonheur et joie me leur semblent éphémères
Leur cri d'innocence m'inspire encore l'espoir.
Frantz Lamour
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